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pyometre

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melanie
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MessageSujet: pyometre   Dim 24 Juin - 22:32:03

Le pyomêtre est une affection caractérisée par l'accumulation de pus
dans l'utérus, dont l'apparition est étroitement liée au cycle sexuel
de la chienne. Également appelée métrite post-oestrale, métrite
purulente ou encore endométrite chronique, le pyomètre fait partie des
maladies majeures de la chienne du fait de sa fréquence et de sa
gravité. Comme elle est dfficile â guérir, l'eleveur doit surtout
veiller â limiter les facteurs de risque.



Le pyomètre survient généralement trois à six semaines après la fin des
chaleurs, au ours d'une période que l'on appelle le métoestrus, et
principalement chez les animaux plutôt âgés. La fréquence maximale
d'apparition est enregistrée entre six et huit ans. Il arrive également
que le pyomètre soit la complication de certains traitements hormonaux
telle l'administration de progestagènes dans un but contraceptif, pour
supprimer les chaleurs ou les retarder, ou d'oestrogènes pour induire
l'avortement.

L'animal atteint du pyomètre est abattu et l'appétit est nettement
diminué. La chienne présente le plus souvent un syndrome
polyuro-polydipsique, c'est-à-dire que l'on observe une augmentation de
la miction (ou diurèse) et de la soif. L'abdomen peut être distendu, on
parle alors de ventre de batracien, et l'animal répugne à se déplacer.
Des vomissements et de la diarrhée peuvent également s'observer. En
revanche, l'affection s'accompagne rarement d'hyperthermie.

L 'évolution de la maladie est très variable. Elle peut se faire, dans
certains cas, sous forme aiguë et la mort peut survenir en quelques
jours. Cette forme se rencontre généralement en début de métoestrus,
c'est-à-dire peu de temps après la fin les chaleurs. Mais le plus
souvent, ce sont les formes suraiguës et chroniques qui s'observent.
Néanmoins, on assiste à des complications rénales avec installation
d'un état d'insuffisance rénale. C'est la complication la plus grave à
l'origine bien souvent de la mort de l'animal. Elle est malheureusement
fréquente.



DES FACTEURS HORMONAUX PRÉPONDÉRANTS



L'apparition du pyomètre de la chienne est associée à plusieurs facteurs.

Les facteurs favorisant le développement du pyomètre sont
essentiellement liés à l'espèce animale concernée, en l'occurrence, la
chienne. Il s'agit principalement de la longueur et de la flexuosité de
l'appareil génital - qui favorisent l'accumulation de liquides et
rendent difficile la vidange du contenu utérin - et des sécrétions
glandulaires qui, quand elles sont importantes lors du métoestrus,
créent un milieu favorable à l'infection.

Les facteurs déterminants sont de deux ordres : les agents infectieux
et les hormones. En ce qui concerne les agents infectieux, l'on
constate que dans plus de 70 % des cas, il s'agit d'une entérobactérie,
Escherichia coli. De plus, certains sérotypes sont dominants, ce qui
semble indiquer qu'ils possèdent un tropisme particulier pour l'utérus.
Les staphylocoques et streptocoques sont retrouvés dans moins de 15 %
des cas. Mais, pour 10 % des ensemencements, aucun germe ne peut être
mis en évidence. Si l'on ajoute à ceci que la reproduction
expérimentale de l'infection par injection intra-utérine de culture
bactérienne est impossible, on peut penser que le rôle des bactéries
n'est que secondaire. Ce détail est important car il explique en partie
la faible efficacité du traitement médical. Par contre, l'équilibre
hormonal joue un rôle déterminant dans l'apparition du pyomètre.

Les oestrogènes provoquent une hypervascularisation, une croissance de
la muqueuse utérine et un relâchement du col utérin. On constate
fréquemment l'apparition de pyomètre à la suite d'avortement provoqué
par l'administration d'oestrogènes chez une chienne. Différents
arguments permettent de penser que c'est plutôt la progestérone qui
conditionne l'évolution de cette affection :

- le pyomètre apparaît lors du métoestrus lorsque la progestérone est la plus élevée,

- la progestérone stimule l'activité sécrétoire des glandes de l'endomètre ainsi que leur prolifération,

- on constate que de nombreux cas de pyomètres sont consécutifs à
l'administration répétée de progestatifs de synthèse, ceci dans le but
de différer ou de supprimer l'oestrus.

En revanche, si l'on peut attribuer les lésions génitales du pyomètre à
l'action de la progestérone, la progestéronomie ne semble pas être
modifiée chez les chiennes atteintes de pyomètre par rapport aux
valeurs observées à la même période du cycle sexuel chez des chiennes
normales.

Ainsi, le pyomètre apparaît comme étant une infection utérine survenant
à la suite d'une perturbation de l'équilibre hormonal de l'utérus
pendant le métoestrus, particulièrement chez les chiennes âgées ou
ayant subi des traitements hormonaux.



DES LÉSIONS IMPORTANTES



La première conséquence chez la chienne malade est une atteinte
génitale qui se traduit par des lésions utérines. Bien que la
progestéronomie ne soit pas plus élevée que chez les chiennes normales,
on peut penser que les lésions utérines sont tout de même dues à la
progestérone : il y aurait une anomalie dans le métabolisme de cette
hormone au niveau de l'organe cible (l'utérus), ce qui provo-querait
une accumulation anormale de l'hormone dans l'utérus, ayant pour
conséquence les lésions constatées. La lésion initiale est
l'hyperplasie glandulokystique. Cette lésion correspond à une
augmentation du nombre de glandes de l'endomètre et de leur activité.

Les oestrogènes seuls n'induisent pas de telles lésions mais
l'imprégnation oestrogénique de l'organisme amplifie les effets de la
progestérone. Quant aux agents infectieux, ils ne font qu'aggraver les
symptômes même s'ils ne sont pas la cause déclenchante.

À ces lésions viennent s'ajouter des atteintes extra-génitales. Il
s'agit essentiellement de l'évolution d'un état d'insuffisance rénale.
Les vomissements et l'état de déshydratation observés lors de
l'évolution du pyomètre ne font qu'aggraver les lésions rénales.

Enfin, parmi les nombreuses lésions associées qui peuvent être
observées, le développement d'une infection de l'ensemble de la cavité
abdominale, appelée péritonite, assombrit rapidement le pronostic.

Pour permettre un diagnostic clinique du pyomètre, le recueil des
commémoratifs est une étape très importante. Cette affection s'observe
toujours après les chaleurs (lors du metoestrus) chez des chiennes
âgées (en général plus de six ans) ayant éventuellement subi certains
traitements hormonaux (pilule ou injections contraceptives,
avortement). Les symptômes ne sont pas toujours présents simultanément.
On peut toutefois retenir les points suivants

- une altération de l'état général,

- un syndrome polyuropolydipsique,

- des écoulements vulvaires,

- une distension abdominale.

La palpation abdominale renseigne souvent sur la taille de l'utérus lorsque celui-ci est suffisamment dilaté.



DES EXAMENS COMPLÉMENTAIRES



La confirmation d'un pyomètre fait appel le plus souvent à l'imagerie
médicale. Ceci consiste en la réalisation de radiographie ou
d'échographie.

Radiographie abdominale : le cliché de profil permet d'obtenir les
renseignements les plus intéressants. Lors de pyomètre, on peut
observer sur la radiographie une masse homogène, circonvolutionnée,
surtout en partie inférieure de l'abdomen, localisée entre le rectum et
la vessie.

Échographie abdominale : la palpation abdominale ainsi que la
radiographie étaient jusqu'à ces dernières années les seuls moyens non
chirurgicaux d'exploration de la portion antérieure de l'appareil
génital de la chienne. L'échographie reflétant facilement la présence
de liquide a trouvé sa place parmi les examens complémentaires en
gynécologie et obstétrique vétérinaire. L'utérus est un organe dont la
cavité est quasi-virtuelle en l'absence de gestation. Dans ce cas, il
est techniquement impossible dans les conditions actuelles de le mettre
en évidence par un examen échographique. En revanche, lors d'accumu
lation de liquides physiologiques ou pathologiques, l'utérus sera
facilement identifié à l'échographie. En effet, de faibles quantités de
liquide peuvent être échographiquement détectées, alors qu'elles
passent facilement inaperçues à la radiographie. L'utérus pathologique
sera caractérisé par un ensemble de zones noire vaguement circulaires
correspondant aux différentes coupes de l'organe et de son contenu.

Les examens de laboratoire permettent également de confirmer le
diagnostic, mais surtout leur rôle est essentiellement de préciser le
pronostic. La numération et les formules sanguines permettent de
confirme l'infection, en mesurant l'augmentation des globules blancs
(ou leucocytes). La biochimie sanguine perme d'évaluer les lésions
rénales. Deux paramètres sont couramment dosés : la créatinine et
l'urée.



L'EFFICACITÉ DES DIVERS TRAITEMENTS



Toute augmentation de la soif après les chaleurs ne signifie pas
systématiquement pyomètre. Les symptômes et les examens complémentaires
sont essentiels pour déterminer avec certitude l'existence du pyomètre.
Ils doivent permettre d'effectuer le diagnostic différentiel avec les
autres causes d'augmentation de la soif et de la diurèse (diabète ou
anomalie corticosurrénalienne), les différents cas de distension
abdominale (présence de liquide dans l'abdomen, obésité, rétention
urinaire, tumeur abdominale, gestation) et les affections
s'accompagnant d'écoulement de pus à la vulve (affections urinaires,
tumeurs vaginales, vaginite). Le pronostic de cette affection est
toujours grave et ceci d'autant plus qu'il existe une insuffisance
rénale associée. C'est pourquoi il est indispensable de suivre
l'évolution de l'urémie et de la créatinémie avant, pendant et après le
traitement.

Actuellement, l'intervention chirurgicale est toujours le traitement de
choix et il s'agit souvent d'une opération d'urgence. Néanmoins, il ne
faut pas oublier qu'il existe diverses complications, rénales en
particulier, qui obligent à effectuer des traitements complémentaires
pré, per et postopératoires. Le traitement chirurgical est effectué
chez l'animal dont l'état d'hydratation et la diurèse sont rétablis et
maintenus pendant l'opération. On doit effectuer une ablation de
l'utérus et des ovaires. Une anti-biothérapie postopératoire sera
poursuivie après l'intervention. Si les fonctions rénales sont
altérées, un traitement spécifique est mis en place.

Un traitement médical palliatif à la chirurgie peut dans certains cas
être envisagé. Il consiste en une vidange du contenu utérin. Diverses
substances peuvent être utilisées. Des résultats intéressants sont
obtenus par l'utilisation d'hormone (la prostaglandine F2a), dont
l'action sur les fibres musculaires favorise la vidange de l'utérus,
mais qui a également une action sur la diminution de la synthèse de
progestérone (action lutéolytique). Or nous avons vu précédemment que
le taux élevé de progestérone circulante était un des facteurs
essentiels d'apparition du pyomètre.

Par contre, l'injection de prostaglandine chez la chienne a des effets
secondaires non négligeables (nausées, vomissements, diarrhée) dus à
l'action pharmacologique de ces substances sur les fibres musculaires
du tube digestif. Une hospitalisation de jour est donc préférable
pendant la durée du traitement.

Dans tous les cas, une antibiothérapie par voie générale sera
prescrite. Afin d'objectiver la réelle efficacité du traitement
médical, un suivi échographique et biochimique sera nécessaire, et
l'intervention chirurgicale sera décidée dès l'apparition du moindre
signe d'aggravation. Le pourcentage de réussite étant relativement bas
(20 à 30 %), ce traitement devra être réservé aux animaux devant
assurer une carrière de reproducteurs.



VISER LA PRÉVENTION



Contrairement aux idées reçues, l'origine du pyomètre chez la chienne
n'est pas infectieuse mais essentiellement hormonale, ce qui en fait
une particularité de cette espèce. La diversité des manifestations
cliniques de cette affection à point de départ génital nécessite
parfois la mise en oeuvre d'examens complémentaires, tels que la
radiographie ou l'échographie, pour confirmer le diagnostic. De même,
la réalisation d'un prélèvement sanguin s' avère généralement
nécessaire pour vérifier l'absence de lésions rénales associées et
préciser le pronostic. La meilleure prévention de l'apparition de cette
affection grave et relativement fréquente chez la chienne est de
limiter, voire proscrire, l'usa-ge des contraceptifs et d'envisager la
stérilisation de la femelle qui n'est plus destinée à la reproduction.
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